Revue de web semaine 40

Capture d’écran 2013-10-07 à 23.24.21Cette semaine, du lourd, du sérieux, de la réflexion, de l’intellectuel.

Pour commencer, une émission diffusée sur France Inter le 19 septembre. « Vous vous souvenez de la vie avant Internet? L’apparition de la toile a bouleversé notre quotidien, de notre manière d’apprendre à nos façons d’aimer. Avec des penseurs et des acteurs du net, nous nous pencherons sur cette vie 2.0. » Les invités sont Stéphane Vial, docteur en philosophie ; Véronique Torner, co-présidente d’Alter Way ; Alexandre Malsch, vice-président du Conseil national du numérique chargé des startups et de l’entrepreneuriat ; Nicolas Sadirac, co-fondateur de l’école 42.

Vous pouvez passer directement à la 6e minute si votre temps est précieux. D’abord 4 min sur Melty, de site communautaire d’actualité pour les jeunes. Apparemment, le jeune veut de l’actualité de divertissement et rien d’autre. Ensuite, un témoignage sur la fameuse école 42 (référence Douglas Adamsienne) qui accueille toutes les personnes voulant se former sur les technologies numériques d’avenir. À 13 minutes, on passe sur le témoignage de Véronique Torner qui parle du manque de femme dans le milieu des ingénieurs numériques.

Une petite chanson et à 20 min, on reprend les discussions avec le philosophe. Il nous apprend que le monde numérique n’est pas virtuel. Il existe autant que le reste du monde. C’est un dépassement sémantique qui lui aurait fait prendre un sens de « non-réel ». Le virtuel n’est donc pas un problème de réalité, mais de vérité. Utilisons donc le terme numérique et l’ambiguité disparaîtra. Ah oui, rappel personnel, arrêtez d’utiliser l’horreur angliciste qu’est « digital ». En anglais cela fait bien références aux chiffres (digits) mais en français, cela n’a de rapport qu’avec les doigts. Ce qui se justifierait pour quelques utilisations des tablettes tactiles, mais certainement pas pour tout le reste du numérique.

À la 27e minute, une journaliste nous parle de V. Favre qui devient véritablement une célébrité avec son témoignage de l’utilisation des iPads dans sa classe de maternelle. Ses partages méritent bien d’être célèbres en tout cas. 4 minutes plus tard, le philosophe nous parle des inquiétudes morales devant toutes les choses nouvelles. De tout temps, les innovations ont créé des craintes. Les nouveaux outils changent certainement les perceptions, mais on n’a pas de recul sur le fait que ce soit maléfique ou bénéfique.

Après un trop bref passage sur l’apprendre à apprendre, le débat revient sur les propositions d’apprendre la programmation et surtout l’algorithmique. C’est aussi certainement ma position personnelle, parce qu’on fait déjà de l’algorithmique dès la maternelle, et qu’on ne l’appelle jamais comme cela et qu’elle est du coup enseignée n’importe comment jusqu’en terminale la plupart du temps.

Petite parenthèse Daft Punk.

À 40 minutes, suite et fin du débat : les intervenants expliquent leurs initiatives vis à vis des personnes motivées pour se lancer dans le numérique. Le philosophe conclut : l’isolement c’est la télévision et la voiture, et non pas le numérique. À 44 minutes, vous pouvez zapper et peut-être partir acheter L’être et l’écran qui abreuvera la soif, que l’émission a provoqué en ne faisant finalement que lancer des pistes de réflexion (ce qui n’est déjà pas si mal vous me direz). Comme je suis sympa, je vous mets l’émission directement ici :

Capture d’écran 2013-10-07 à 23.24.35En deuxième, je vais tenter de résumer un article de J.F. Cerisier et B. Devauchelle intitulé « Maîtriser les enjeux de l’inéluctable acculturation numérique de l’école« . Là où les pratiques du numérique inondent sa culture, l’école ne semble pas vouloir prendre le problème à bras-le-corps et faire son rôle de bouée. Si la technologie devient transparente pour le plus grand bonheur de ses utilisateurs, elle n’en cache pas moins des problématiques citoyennes essentielles. L’article est très précis et décrit les dimensions d’apprentissage, d’enseignement, d’information/communication/documentation, d’organisation/management, de technique et économie. Il conclut que les actions efficaces ne peuvent avoir lieu qu’à l’échelle des établissements. C’est à chaque chef d’établissement et chaque équipe de s’approprier ces dimensions et de ne pas laisser d’élèves sur le bas-côté des autoroutes du numérique. Celles-ci ne les attendront pas.

Capture d’écran 2013-10-08 à 00.02.45Vous n’êtes sans doute pas passés à côté de la campagne médiatique de Serge Tisseron qui milite pour l’adoption modérée des écrans. Articulé autour du concept « 3-6-9-12 », il propose de n’utiliser les écrans que très progressivement dans l’éducation et la vie des enfants. Le principe est : pas de télé avant 3 ans, pas de console vidéo personnelle avant 6 ans, pas d’internet avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12. Cela semble presque tenir du bon sens, mais c’est argumenté dans toute la littérature produite par S. Tisseron et surtout son nouveau site internet : http://www.apprivoiserlesecrans.com. Au-delà de la religieuse « oralisation » qui est certes nécessaire et utile, mais dont j’ai déjà pu observé les pires abus (des séances d’EPS avec 10 minutes d’efforts physiques pour 20 minutes de discussions, cela tourne à la ridicule caricature), ce sont tout autant de pistes pédagogiques qui sont proposées pour pallier les différentes difficultés d’apprentissages existantes chez les enfants. Ah oui, sinon, l’Express, quand même, vous auriez pu faire un effort sur la photo et la mise en page

Sur ce, bonne suite de début de semaine funky.